SEBASTIEN COL (vainqueur de l'épreuve)
Classement mondial : 3ème
Actuellement barreur d’Areva Challenge, le défi français pour la Coupe de l’America.
Pendant ces Internationaux de France vous avez montré un fort potentiel, quelles ont été vos forces pour réaliser une si belle régate ?
Je pense que notre principale force a été de progresser tout au long de la semaine. En terme de résultats nous avons commencé assez fort mais en terme de maniement du bateau et d’exploitation du plan d’eau nous avons commencé plutôt doucement. Nous avons terminé la régate en navigant bien car chaque jour nous ajustions des petites choses ce qui nous a permis d’être de plus en plus à l’aise. Comme je le disais lors de la remise des prix cela nous permettait de bien maîtriser le bateau, d’avoir cette aisance qui nous permet d’avoir de la lucidité dans les moments chauds. On a vu une semaine agressive avec beaucoup de pénalités. Je pense que ce qui a fait la différence chez nous c’est que dans cette pression, dans les moments chauds, nous avons réussi à être plus lucide que les autres.
Quelles ont été vos faiblesses ? Quels sont les points que vous avez ressortis et que vous travaillerez lors des prochains entraînements ?
Sur ces Internationaux de France nous n’avions pas de gros points faibles. Je pense que les départs positionnés à droite de l’adversaire n’ont pas été superbes. Nous n’avons jamais réussi à avoir assez d’écart latéral avec notre concurrent pour réussir à tenir la position assez longtemps en tribord amure. C’est un point que l’on doit travailler dans l’avenir. Heureusement pour nous la plupart du temps ça passait bien en restant à gauche de l’adversaire donc ça ne nous a pas trop pénalisé ; mais ça reste un point à travailler.
Nous avons vu une finale disputée avec l’anglais Ian Williams assez agressif, quel a été votre meilleur coup de la journée ?
Ce qui s’est passé aujourd’hui c’est que l’on a su bien réagir. Nous avons gagné le premier match puis il revient à un partout car nous n’avons pas vu que la droite était vraiment intéressante sur ce second match. Nous avons bien rectifié le tir dans la troisième manche qui était décisive (la finale se jouait en deux matchs gagnants suite à un changement de programme car le vent était faible ndlr), on s’est battu pour avoir la droite et nous l’avons eu, nous avons cru en notre stratégie jusqu’au bout. Je pense que ça a été la clé de la finale, savoir se remobiliser, se re-concentrer lorsqu’il y a un partout et que c’est le match décisif. Il faut réussir à apprendre des erreurs que l’on vient de faire, se remettre de l’avant pour essayer de gagner le match suivant.
Au niveau de l’épreuve, quel est l’équipage que tu as trouvé le plus prometteur ? Nous avons pu voir des « jeunes » qui poussaient forts, comment vois-tu les choses ?
Même si sa place au classement général ne le laisse pas voir puisqu’il termine huitième, je pense que la révélation c’est Pierre - Antoine Morvan. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait de Match Racing et nous avons eu la chance de nous entraîner avec lui une journée avant le début de l’épreuve. Il nous a un peu tournés autour, ça nous a mis bien dans le match ! S’il y avait chez les français une révélation cette année ça serait effectivement Pierre - Antoine Morvan. Il est champion de France en titre, il a un bon niveau, il a des qualités intéressantes sur les départs et il est souvent bien en timing. Il fait encore quelques erreurs de placements mais je pense que ça va être vite résolu. Pour moi, même si sa place ne le reflète pas je pense que c’est la révélation de la saison.
Sur un plan un petit plus large, comment intégrez-vous ce type d’épreuve à la préparation à l’America’s Cup 2007 ?
Cette épreuve rentre dans le cadre d’une « remise à niveau » en Match Racing car j’étais tacticien sur Areva Challenge et maintenant je passe barreur. Il faut que je reprenne les réflexes de ce poste. Les épreuves comme les Internationaux, je les prends d’une manière assez ludique, j’ai quand même beaucoup moins de pression que sur la Coupe de l’America. C’est quand même beaucoup de plaisir. La Coupe, ça reste du plaisir mais parfois il y a beaucoup de pression, ça devient pesant. Ici même si ce sont des matchs chauds ça reste très plaisant. En venant sur ces épreuves je cherche à me ressourcer et à retrouver de l’énergie pour me replonger dans le bain de la Coupe dans lequel la pression est plus forte. Il faut de temps en temps recharger les batteries et c’est sur ce type d’épreuves que je le fais.
DAMIEN IEHL (troisième de l'épreuve)
Classement mondial : 23ème
Vous avez terminé il y a quelques jours seulement le Tour de France à la Voile (Damien était barreur sur "Nouvelle-Calédonie"), comment avez-vous préparé l’enchaînement des épreuves ?
Ce n’est pas évident car on est bien fatigué, surtout moi. J’ai vraiment essayé d’engranger un maximum de sommeil donc j’allais au lit très tôt tous les soirs. Au début des Internationaux nous n’étions pas super bien callés mais cela s’arrangeait au fil des jours, nous avons bien récupéré. Notre résultat sur le Tour de France n’était pas à la hauteur de nos espérances donc nous avions vraiment à cœur de faire un résultat ici.
C’est le meilleur grade 1 que vous faites en terminant troisième, quelles ont été vos forces durant ces 4 jours ? Qu’est ce qui fait que vous avez réussi à aller aussi loin et à battre des adversaires qui d’habitude vous dominent ?
Je pense que nous avons une très belle équipe au niveau technique. A bord chacun navigue vraiment très bien et se donne à fond. Nous avons également de bons gabarits et un superbe état d’esprit, on s’entend très bien, nous sommes des potes. On a vraiment rien lâché, même quand ça se passait un peu moins bien sur un match. Nous sommes toujours resté dessus et ça a payé.
Quel a été le match le plus difficile durant ces 4 jours de régate ?
Il y en a vraiment beaucoup qui ont été très durs. Nous étions toujours au contact très serré. Sur la petite finale il y a un match ou nous étions derrière et nous sommes revenus. Nous avons réussi à doubler notre adversaire et à nous imposer, ce n’était vraiment pas évident. Les matchs contre Ian Williams étaient vraiment difficiles car lorsqu’il y avait du vent ils étaient un petit plus rapides (ils étaient un petit peu plus lourds), il a vraiment fallu se battre très fort. De plus, les matchs s’enchaînaient entre les quarts de final puis la demie finale ; la journée a été vraiment dure. Je pense que ce sont ces matchs là qui ont été les plus difficiles.
GERARD BOSSE (umpire)
On te revoit arbitrer une compétition dans la région, quel est ton sentiment ?
Je suis très heureux d’être ici et d’arbitrer à la maison. Certes c’est la même chose que ce que je fais partout dans le monde mais c’est beaucoup plus agréable de le faire ici parce que les voyages c’est de la fatigue supplémentaire. Nous avions la chance d’avoir un niveau mondial très élevé, c’était superbe.
Sébastien Col, le nouveau barreur d’Areva Challenge, était présent lors de ces 4 jours à Pornichet et il a montré un potentiel important, quelles sont tes impressions sur ce régatier ?
Je connais Sébastien depuis longtemps, il a de très grosses qualités. En plus il est professionnel à temps plein donc il navigue toute l’année avec tout son équipage. Il arrive maintenant au plus haut niveau et c’est tout à fait normal de le voir dans le top des 3 mondial. Je pense qu'il ne devrait pas s'arrêter là.
CLEMENT SOULET (directeur de course)
Clément, quelles sont tes missions sur l’eau ?
Ma mission sur l’eau consiste essentiellement à coordonner la partie terre et la partie mer ainsi que l’équipe des umpires avec celle du comité de course. Je suis également chargé d’adapter le format aux conditions que l’on rencontre et au timing de l’épreuve pour que nous soyons le plus près possible de ce que l’on avait prévu et de manière un petit peu ambitieuse à assurer le spectacle de façon permanente.
Aujourd’hui les conditions de vent n’étaient pas évidentes avec un vent très faible ce matin et pas très stable cet après midi, comment êtes vous organisés pour être assez réactifs et valider des manches équitables ?
Nous mettons en place un système de communication entre la bouée au vent et la bouée sous le vent au niveau du comité de course. De manière permanente, deux personnes communiquent sur le vent sur ce qui va arriver, comment ça se passe, pour être prêt à remouiller la bouée au vent si quelque chose se passait. Le président est informé toutes les minutes de ce qui se passe au niveau du vent pour que si il y a une rotation qui justifie un changement, nous soyons parfaitement prêt à modifier le parcours et à l’annoncer aux coureurs à la bouée sous le vent.
Il y a ici parmi les meilleurs skippers du monde s’agit-il de coureurs encore plus difficiles à faire régater, encore plus exigeants, est-ce que les contraintes sont particulières ?
C’est vrai que l’on essaie d’adapter l’épreuve aux exigences de ces coureurs. Pour organiser une épreuve de niveau international il faut en avoir le niveau. Nous avons tout fait pour mettre en œuvre des conditions qui soient les plus optimums possibles pour que les coureurs puissent donner le meilleur d’eux même, qu’ils puissent régater dans les meilleures conditions qui soient et leur proposer un terrain de jeu idéal pour mettre en avant tout leur talent.
Merci à tous les quatre de nous avoir accordé de leur temps. L'équipe de VoileSportive.com leur souhaite plein de réussite dans leurs domaines respectifs.



Bravo à Seb et son équipage !