Adrien Hardy, 22 ans, est le skipper du Mini Brossard, au sein du Team OCEAN. Jeune espoir de la voile océanique en solo, il est la révélation du circuit Mini en 2006, notamment suite à sa victoire sur Les Sables – Les Açores – Les Sables. Au travers de son parcours et de sa saison 2007, nous allons suivre ce projet Mini jusqu’à la course phare, la Transat 6,50.
Avant d’évoquer la saison sportive 2007, comment a commencé toute cette aventure de la voile jusqu’au Mini ?
« J’ai fait mes débuts en voile sur l’Erdre, puisque j’habitais Nantes ! Pendant 10 ans j’ai fais du dériveur dans la filière olympique, de 7 à 18 ans environ. Je suis passé de l’Optimist au 4,20 puis 4,70, et ainsi de suite.
Après le bac je suis parti à Marseille dans la marine marchande. Je tenais absolument à faire quelque chose qui soit en lien avec la mer. Je ne me suis pas trompé, il y a beaucoup de points communs entre les deux activités, sur la technique, la navigation… Et parallèlement j’ai participé à des courses en équipages, le Tour de France à la Voile par exemple, pour continuer la navigation au contact. »
Quel a été le déclic pour te tourner vers la Classe Mini, les courses au large et donc la navigation en solitaire ?
« Je trouvais que les projets de courses en équipage étaient durs à monter et j’avais vraiment envie de naviguer en solitaire. C’est le fruit d’une grosse réflexion ! Mais depuis que je suis tout petit j’en rêvais, je me disais que la Mini Transat, je la ferais ! J’ai hésité avec le Figaro, mais finalement, le mini c’est LE support de course au large ! Tout le monde a commencé par là, Yvan Bourgnon aussi. C’est un bateau à taille humaine et j’aime aussi le fait que ce soit un prototype. La jauge est libre, j’ai posé une quille pendulaire sur mon mini, des dérives, etc. La liberté qui est laissée est très intéressante. Donc oui, j’ai pris mes responsabilités, j’ai emprunté, j’ai acheté mon mini, et aujourd’hui je n’ai aucun regret. »
La course au large comporte davantage de prise de risques que la régate, a-t-on des moments de doute quand on se lance dans un projet de cette envergure ?
« C’est vrai que ce n’est pas évident de savoir si la course au large va te plaire quand tu n’as encore jamais passé plus de 5 heures tout seul en mer ! Mais toute aventure comprend une part de risques, il fallait bien se lancer ! Quand j’ai fais ma première course en Mini, la Select 6,50 Pornichet, en 2004, j’étais le plus jeune du circuit, j’ai commencé tôt. Cela reste un de mes meilleurs souvenirs, j’ai terminé 5ème sur 60 bateaux. Ca a été une grande satisfaction, et évidemment, ça a confirmé mon choix du Mini. Mais pour autant, ça n’a pas toujours été facile. Pendant un an et demi, je suis resté sans sponsor, il y a eu des coups durs, mais j’ai continué. »
Rappelons que les Minis ont fait leur apparition en 1977. En Angleterre, Bob Salmon organise alors une transatlantique réunissant 24 voiliers de 6,50m. En 1984, les français récupèrent l’organisation de la course avec en tête Jean-Luc Garnier. L’association Voile 6,50 est ainsi créée. S’en suivent les créations du Mini Fastnet (1984), de la Mini Transat (1985), de la Transgascogne (1988), du Challenge Mini (1991).
En 1994, l’association dissocie la partie organisation de la gestion sportive. Gérée désormais par un Conseil d’Administration, la classe mini et son calendrier évoluent régulièrement pour attirer de nouveaux coureurs tout en préservant les notions de sécurité et d’innovation.
Aujourd’hui la classe mini rassemble près de 200 adhérents et organise une dizaine de courses par an. Adrien participe cette année à 7 courses du calendrier.
Adrien Hardy / Team OCEAN / VoileSportive.com
Copyright photos : Guillaume Plisson



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