« La Sélect 6,50 (NDLR : du 5 au 8 mai), course en solitaire de 300 milles, qualificative pour la Transat 6,50, était pour moi la première de la saison. Cette course, dont le parcours côtier (Pornichet, Les Birvideaux, Bourgenay, Groix, Pornichet) est très technique avec beaucoup de points tournants, imposait un style de navigation très différent de celui d'une course océanique. Ces points importants, qui ne sont pas forcément ceux d'une transat, étaient : les manoeuvres, l'adaptation aux nouvelles conditions de vent, les effets locaux, la navigation côtière dans les cailloux et courants et surtout la tactique par rapports aux adversaires (à vue le plus souvent).

« En tête dès le départ »

Après un départ donné dans la Baie de la Baule, avec un vent de nord très variable, le vent est rentré N-O 15 nds pour attaquer la remontée vers Hoëdic. En tête dès le départ, il faut gérer les adversaires, être "dessus" en permanence et trouver le compromis pour ne pas se mettre dans le "rouge" car la course ne fait que commencer. Après un "coup" pour aller chercher la renverse de courant le long d'Hoëdic et Houat, et grâce une super vitesse au près (mon point faible l'année dernière), je passe les Birvideaux vers 23h30 avec 2 milles d'avance sur le 2ème.

« Contrôler ses adversaires »

Maintenant, c'est la descente vers Les Sables. Etre devant sous spi avec un vent mollissant n'est pas facile pour contrôler ses adversaires. De nuit, impossible de voir les autres, donc je fais "ma course", un peu à l'ouest de la route pour m'écarter du dévent de Belle-île.

Au matin, j’ai 4 milles d'avance. Là, mon seul objectif est de contrôler mes adversaires sans savoir où ils sont. Donc je me recale sur la route en naviguant "bas". En arrivant aux Sables, le vent est tombé doucement et je me retrouve scotché dans la baie... pendant que les autres arrivent du large. J'aperçois 1 Mini, puis 5, 10 bateaux qui arrivent avec le vent sur Bourgenay.

« Se remotiver »

Nouveau départ, au près, tout est à recommencer après cette belle avance si vite consommée. J'enroule la bouée 4ème, à 8 minutes d'Yves (NDRL : Yves le Blévec). Il faut se remotiver, remettre le ciré et se préparer à l'attaque pour une nuit humide vers Groix.

Je passe Yeu ex-aequo avec Yves et Isa (NDRL : Isabelle Joschke), le vent adonne un peu et c'est du tout droit sur un seul bord. Je m'accorde deux fois 20min de repos. Au réveil, j'ai perdu 0,3 milles sur Yves…réglages, algues ? Doucement Yves creuse sur moi et passe Groix avec 30 min d'avance. Isa, qui est passée au large de Belle-île, pointe en tête.

« J’y crois encore »

On enroule Groix pour descendre sur Pornichet.

Les conditions sont dures : 30nds établis, je passe de 3 ris solent arisé à 2 ris gennaker. Ca fume. Toujours entre 12 et 16 nds et il reste 50 milles avant l'arrivée !

J'y crois encore, même si les 2 milles de retard au près se sont transformés en 4 milles au portant. Pour espérer revenir je tente de passer par La Teignouse tandis que les autres passent au large. Mauvaise option car cela fait plus de route. Malgré plusieurs pointes à 19 nds pour Brossard, je perds même une place pour finir 4ème à 40 min.

Qualification officielle

Evidemment je suis déçu de cette place finale, car l'objectif était de gagner. Je retiens surtout les progrès de Brossard au près, et la fiabilité du bateau. Je termine aussi la course donc je suis officiellement qualifié pour la prochaine Transat. C’est un soulagement car, en cas d'abandon, il me restait plus que la Mini Fastnet pour me qualifier.

Aujourd'hui, je suis à Marseille pour préparer la course Cap Istanbul et découvrir un nouveau support, le Figaro.

Retour en Mini le 17 juin pour le Mini Fastnet !

Adrien »

 

Adrien Hardy / Team OCEAN / VoileSportive.com