Quelles sont les grandes étapes d’une saison ?

« Il y a le chantier d’hiver, les périodes d’entraînements, les courses, et de nouveau des travaux à faire sur le bateau pour sans cesse l’améliorer ou réparer les casses qui peuvent intervenir, en entraînement ou en course. Je suis actuellement en train de travailler sur le chantier d’été du Mini. »

Quelles sont les enjeux et difficultés de chaque étape ?

« Le chantier est vraiment la base de la saison sportive. C’est l’étape qu’il faut soigner. Naviguer avec un bateau qui n’est pas prêt est risqué, presque synonyme d'abandon. Comme elle est primordiale, il faut commencer cette étape le plus tôt possible dans la saison. Or, le problème vient souvent de là : en début de saison, ce n’est pas forcément le moment où le budget est le plus conséquent, d’où les retards, etc. Dans ce cas là, il faut se concentrer sur les priorités, sur les points clés, sans se lancer dans des choses trop compliquées. Quand on a peu de temps on doit jouer la sécurité, entretenir et fiabiliser le bateau c’est déjà beaucoup ! »

Comment orienter les évolutions techniques du bateau ?

« Mon bateau est relativement vieux. Il y a eu pas mal de choses à faire dessus. Aujourd’hui, il ne reste plus que la carène d’origine. Le but est toujours d’aller le plus vite possible tout en restant fiable. J’oriente mes évolutions techniques par rapport à mon budget, même si j’ai la chance d’avoir un sponsor, je regarde toujours l’équation entre budget et gain de vitesse. Je crois qu’au sein du circuit Mini, mon bateau est le plus innovant, le plus abouti, même s’il est le plus vieux. J’aime prendre des risques. Les choix que l’on peut faire dépendent aussi de la personnalité de chacun. »

Comment se détermine un budget ?

« Le budget se détermine en amont de la saison sportive, le plus tôt possible si la situation le permet. Il va beaucoup dépendre de la saison en elle-même et des choix du skipper. Il varie donc en fonction du nombre de courses qui vont être courues, des modifications qu’il va falloir apporter au bateau et donc, bien sur, des objectifs sportifs. En proto, un budget est bien plus conséquent que pour un Mini série. Quelqu’un qui cherche à se qualifier pour la Transat 6,50 n'a pas besoin d'acheter des voiles neuves puisque l’objectif sur les courses de qualification n’est pas la performance avant tout. Ce sont tous ces éléments qu’il faut prendre en compte, en imbriquant les besoins techniques avec le budget et les priorités qu’on se donne. »

 

Adrien Hardy / Team OCEAN / VoileSportive.com