«Si la place reste libre, souhaites-tu naviguer à bord samedi prochain ?» Le «à bord» ne désigne pas n’importe quel bateau, il s’agit d’un 60’ ORMA, ces grands oiseaux qui font rêver. Autant vous dire que cette phrase, extraite d’un mail reçu de Brice Lavirotte vers la mi-septembre, m’a mis le sourire jusqu’aux oreilles pendant que je me répétais «énorme !». D’autant plus que mon père est prévu pour cette sortie, c’est son cadeau pour ses 50 ans !

Mais la météo en décidera autrement avec un vent annoncé à 2 ou 3 nœuds, la sortie est repoussée à une date ultérieure. Vers la mi-octobre, le scénario est le même...la météo prévoit 5 nœuds. Décidemment, la chance n’est pas au rendez-vous. L’équipe de Sensation Océan décide alors de repousser une nouvelle fois la sortie, cette fois au dimanche 20 octobre, une quinzaine de nœuds de vent sont prévus. Excellente décision à mon sens, ces superbes bateaux sont encore plus extraordinaires avec du vent !

Arrivés de bonne heure à la base des sous-marins (BSM) de Keroman à Lorient, nous admirons les voiliers présents et faisons un petit tour des lieux. Lorsqu’on rejoint le ponton sur lequel le trimaran est amarré, l’équipe de Sensation Ocean s’affaire sur le bateau pendant que les navigateurs du jour observent, discutent, cherchent et réfléchissent sur des éléments du bateau.

Un briefing nous informe du déroulement de la journée et des consignes de sécurité, puis les amarres sont larguées. Le skipper du jour est tout simplement Alain Gautier, en personne. Brice et Jean-Pierre complètent l’équipage. Le trimaran Foncia s’éloigne des quais et rapidement nous nous relayons pour envoyer l’immense grand voile, quel effort physique !


La grand-voile de 190 mètres carré, longue à hisser...

 

La fin du chenal approche, nous déroulons la trinquette et sortons tranquillement du port, c'est-à-dire à une douzaine de nœuds de vitesse ; la grand voile n’est pas encore bordée.

Il nous faudra seulement quelques secondes pour nous rendre compte qu’une fois le bateau réglé...ça fonce ! Le speedo grimpe rapidement jusqu’à des valeurs comprises entre 24 et 26 noeuds... Avec mon père nous nous retrouvons au vent, sur le trampoline, en train d’apprécier à sa juste valeur ce superbe moment. Etre sur un voilier de 18,28 mètres de long et presque autant de large, à voler à pas loin de 30 nœuds...c’est extra ! On s’habitue aux mouvements du bateau – comprendre fortes accélérations et décélérations – on regarde l’étrave sous le vent passer le petit clapot, on observe la « souplesse » (toute relative !) de l’engin et surtout, on profite !

La coque centrale décolle, ça "fume" dessous, c'est magique !


Alain propose la barre à tout le monde...et immédiatement on sent la différence, les milliers d’heures qu’Alain à passer à bord lui donnent une maîtrise et une précision impressionnantes. Déjà il nous faut lofer un petit peu pour...s’éloigner de la presqu’île de Quiberon. Certains ont même du mal à reconnaître les lieux tellement le décor change vite !

Nous naviguons alors plus près du vent et il nous arrive de nous dire « oula, on n’avance plus ». Un coup d’œil au speedo nous rappelle que nos repères sont totalement changés, les chiffres tournent autour de 15 et 17 noeuds. Vitesse que l’on atteint à peine sur « nos bateaux à nous »... !

Le bateau est grand, tout le monde à de la place ; dans le cockpit pour moi.

 

C’est au niveau de Belle-Île que nous virons pour partir...sur un grand bord de portant. Trinquette roulée, solent déroulé, dérive relevée, voiles réglées. A vos marques, prêt...c’est parti... Le bateau accélère rapidement, presque violement, jusqu’à plus de 30 nds. Le foil sous le vent joue son rôle en soulageant le flotteur. Le bateau est maintenant « calé » à une vitesse comprise entre 28 et 33 noeuds. Moment extraordinaire, ça glisse de manière géniale. Un coup d’œil vers le sillage donne l’impression d’être sur un bateau à moteur, et encore ! Nous sommes à 130° du vent mais les voiles sont bordées dans l’axe du bateau ou presque. Jean-Pierre a le chariot de GV à la main, prêt à intervenir à tout moment ; Alain est à la barre avec la commande hydraulique à portée de main pour choquer la GV si c’est nécessaire. En quelques minutes nous avalons de nombreux milles, ce moment est exceptionnel. Je savoure ce bord de portant qui restera gravé à vie dans ma mémoire. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais prolongé le bord des heures ou des journées durant...

Au portant sous solent, sur une coque à plus de 30 noeuds.

 

L’île de Groix approche et nous choisissons de remplacer le solent par la trinquette puis de lofer légèrement. Mon père prendra alors la barre du bateau qui file entre 25 et 28 noeuds. Deux manœuvres plus tard ce sera à mon tour d’avoir le privilège de barrer Foncia. L’occasion pour moi de battre mon record personnel à la barre : 29,6 nds !! Les sensations sont superbes, le bateau est doux et réagit parfaitement.

A la barre du bateau, Alain est derrière "au cas ou"... Grand moment !

 

La fin de la journée approche et nous nous dirigeons vers le port. Quelques manœuvres plus tard nous roulerons la trinquette et affalerons la GV. Retour au ponton avec un grand sourire, heureux d’avoir navigué à plus de 30 nds (deux personnes ont vu « 36,2 nœuds » sur le compteur), heureux d’avoir pris tant de plaisir sur l’eau. L’idée de repousser les sorties pour avoir plus de vent était excellente, les conditions étaient parfaites ce dimanche 20 octobre avec une quinzaine de nœuds de vent. J’ai pu participer à toutes les manœuvres – souvent en moulinant sur l’une des colonnes de moulins à café – ce qui est vraiment sympa.

Ces bateaux font rêver lorsqu’on les voit de l’extérieur, et bien ils sont encore mieux qu’on l’imagine lorsqu’on a la chance d’être à bord ! Allez-y, foncez vous aussi...

Une photo de groupe clôturera cette journée. Je donne un petit coup de main pour ranger les bouts, peut-être tout simplement pour savourer ces derniers instants à bord de Foncia...


Alain Gautier et Brice Lavirotte moulinent...

 

Un très grand merci à Brice pour cette invitation. Cette sortie restera longtemps gravée dans ma mémoire. Merci également à Alain pour son professionnalisme, sa discrétion et les échanges que j’ai pu avoir avec lui. Il ne fait pas de bruit sur le bateau mais il est impressionnant de maîtrise ! Je n’oublierai pas Jean-Pierre, équipier, qui était avenant et très sympa.
Merci à tous pour cette folle mais excellente journée !

 

Sensation Océan propose des sorties en 60’ ORMA pour entreprises et particulier. Vous pouvez consulter leur site pour plus d’informations.