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14 oct 2004

« Nous avons une grande marge de progression »

Publié par: Stéphane Dans: Voile légère

Presque deux mois après la fin des jeux, Ingrid Petitjean et Nadège Duroux ont accepté de répondre à nos questions. Action.

Interview réalisée par Candide.

Ingrid Petitjean

Voile Sportive : En premier lieu, classique, quand et comment avez vous commencé la voile ?

Ingrid Petitjean : J’ai commencé la voile à Menton quand j’avais 8 ans, j’ai fait un stage d’été et comme ça m’a plu, je me suis inscrite à l’année. C’était en optimist.

Avez vous eu des gros moments de doute, ou une perte de confiance l’une envers l’autre ?

Non, pas de doute ni de perte de confiance mutuelle. Nous avons commencé en partant de rien, je venais de l’europe et Nadège de la mistral, nous ne nous connaissions pas du tout. Nous savions que ce serait difficile et que la route serait longue, au fond on a plutôt toujours été agréablement surprise par nos performances que l’inverse.

Coment avez vous décidé de vous lancer dans cette PO ?

Personnellement c’était un rêve que j’avais depuis l’enfance. Regarder les JO à la télé me faisait vibrer, et je rêvais de faire une PO un jour, quelque soit le sport ou la discipline. Avoir l’opportunité de la faire en voile, et en particulièrement en 470 où on est deux, m’a vraiment séduite, car au delà de l’aspect sportif je trouvais que c’était une belle aventure humaine.

Une PO, concrètement, ca se vit comment tout les jours ?

Concrètement, ça se vit à fond! Nous avons des emplois du temps très chargés, avec pas mal de déplacements, surtout quand on est un jeune équipage comme Nadège et moi, il a fallu mettre les bouchées doubles pour rattraper le retard sur nos adversaires qui avaient bien plus d’années d’expérience. De plus nous n’avons pas voulu lâcher nos études, donc nous menions de front les deux (sauf la dernière année ou nous avons fait un break au niveau étude). On fait de la préparation physique, de la préparation mentale, on bricole, on met au point du matériel, on planifie, on gère de la logistique, et bien sûr, on navigue! Comme nous naviguons beaucoup et toute l’année, nous sommes parties 3 hivers en Australie pendant 2 mois car il y avait un circuit de régate là bas, et le climat était meilleur qu’en France. C’est dur de résumer notre quotidien en quelques lignes, car chaque journée est différente, mais en gros voilà nos principales activités. Beaucoup de gens pensent que nous faisons des sacrifices, je pense que nous faisons plutôt des concessions. C’est vrai que c’est pas tous les jours faciles à gérer, mais au bout du compte, au regard des émotions qu’on a la chance de d’éprouver et des moments qu’on peut vivre, ça vaut vraiment le coup.

Combien est ce que cela représente de jours sur l’eau par an ? Dans combien de lieux différents ?

Je n’ai pas fait les comptes, et je vais les faire précisément pour justement avoir une idée plus précise de tout ça. Nadège répondra mieux sur la quantité de navigation car c’est elle qui compte les heures. En ce qui concerne les lieux, je dirais en gros une dizaine cette année, mais c’est probablement cette année que nous avons eu le moins de lieux différents car nous étions souvent à Athènes.

Qu’utilisez vous comme matériel, et combien passez vous de temps a tester véritablement sur votre temps de nav’ ?

Nous utilisons une coque Ziegelmeyer, un mât Superspars, une grand voile North, un foc et un spi Olimpic. Nous avons navigué avec du matériel assez standard, nous n’avons pas passé le même temps chaque année sur notre temps de nav pour le matériel, par exemple, plus de test en 2003 qu’en 2004.

Vous avez l’habitude des grands rendez vous, mais des JO ca doit tout de mème être spécial non ? Est ce que cela rajoute une pression supplémentaire ?

Les JO sont différents. Nous avions peur que cela nous rajoutte de la pression et nous nous étions préparé à ça. Cela nous a permi de bien commencer la régate. Nous n’avons pas vraiment ressenti cette pression car nous vivions en dehors du village te nous connaissions bien la marina olympique. Ce qui nous a plus gêné a été le comportement d ela flotte, assez différent de ce qu’on peut rencontrer sur un championnat les autres années, et nous ne nous sommes pas assez adaptées. Nous devrons travailler dans ce sens.

Et finalement, c’est reparti pour Pekin, c’est sur ?

Oui c’est sur. Nous avions déjà pris cette décision il y a deux ans, nous avons toujours dit qu’Athènes n’était qu’une étape et que quelque soit notre résultat là bas nous continurions pour Pékin.

Nadège Duroux

En premier lieu, classique, quand et comment avez vous commencé la voile ?

J’ai touché au milieu de la voile tôt car mon père avait un quillard, mais j’ai réellement commencé la voile vers 11 ans, en planche à voile, en faisant des stages dans un club marseillais.

Avez vous eu des gros moments de doute, ou une perte de confiance l’une envers l’autre ?

Non, je ne crois pas. il y a eu des moments moins faciles, où il fallait trouver des solutions pour avancer. mais pas de gros moments de doute, ni de perte de confiance l’une envers l’autre.

Comment avez vous décidé de vous lancer dans cette PO ?

En 98, Ingrid cherchait une équipière pour former un équipage et partir sur un projet olympique pour Athènes. j’ai été entousiasmée par la proposition qu’elle m’a faite de partir sur ce projet avec elle, et j’ai accepté.

Une PO, concrètement, ca se vit comment tout les jours ?

Bien que notre sport soit amateur, nous avons des programmes et des sollicitations de professionnels. Pratiquemment tout est organisé autour du projet sportif.

Le 470 est un support qui demande beaucoup de temps pour la recherche “matériel” et l’entretien. Ensuite nous avons un programme de préparation physique, un suivi de préparation mentale, des connaissances théoriques à réviser ou acquérir (sur le réglement, sur la tactique, sur la météo…), sans oublier l’entraînement sur l’eau.

Nous passons donc beaucoup de temps sur le projet, en abordant des thèmes variés.

Combien est ce que cela représente de jours sur l’eau par an ? Dans combien de lieux différents ?

Cela représente entre 1 jour/2 et 1 jour/3 en moyenne sur l’année. Nous regroupons les journées de navigation en stage, et nous regroupons les jours de repos par 4 en général.

Cette année, nous avons navigué sur une dizaine de plans d’eau différents, en 18 déplacements.

Vous avez l’habitude des grands rendez vous, mais des Jo ca doit tout de mème ètre spécial non ? Est ce que cela rajoute une pression supplémentaire ?

les JO d’athènes était un objectif programmé depuis 5/6 saisons. Les JO, c’est l’objectif d’une préparation olympique donc au moins 4 ans, mais nous avions décidé de continuer sur Pékin 2008, donc ce n’était pas une fin en soit. Nous sommes un équipage jeune dans notre série, et Athènes était nos premiers jeux.

Cela enlevait déjà une pression potentielle qu’on aurait pu ressentir, si cela avait été notre dernière régate.

Sinon, je n’ai pas ressenti de pression extérieure venant de ma fédération ou de mon entourage, ils ont plutôt essayé de nous accompagner au mieux tout au long de l’épeuvre.

Et finalement, c’est reparti pour Pekin, c’est sur ?

Oui, nous sommes encore jeunes. Nous sommes un équipage qui s’entend bien, je prends beaucoup de plaisir à naviguer en 470, et à partager ce projet avec Ingrid. Je pense que nous avons une grande marge de progression, et puis nous avons appris tellement de choses pendant les jeux d’athènes, que j’ai hâte de pouvoir participer aux prochains jeux à Pékin, avec dans la poche 4 nouvelles années de préparation.

Un petit mot de la fin ?

Une PO, avec les JO, c’est une formidable aventure humaine et sportive.

Merci à vous les filles, que la réussite soit avec vous pour la suite de vos aventures !

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  • Franck: Bonjour, j'ai le même projet sauf que je prévois une nacelle suspendus. Je suis en train de solliciter plusieurs archi. A deux c'est plus facile
  • Franck: Je me lance dans la construction d'un bateau de croisière rapide sur le même principe. Sans nacelle suspendue au milieu, juste une plateforme à)1 m
  • Cavarec olivier: plein de bonnes choses pour ce bateau et à toute l'équipe.

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