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11 oct 2008

Volvo Ocean Race : tour d’horizon à quelques heures du départ

Publié par: Tiketitan Dans: Course au large

Le parcours :

Le plus gros changement de cette édition 2008-2009 de la Volvo Ocean Race vient du parcours adopté par les organisateurs.

Après une première étape classique : Espagne –Afrique du sud, la suite de la course adopte un trajet atypique avec l’abandon du parcours classique par les trois Caps (Bonne Espérance-Leeuwin-Horn) qui a été modifié, pour des raisons commerciales, exit donc les étapes menant les bateaux du Cap à l’Australie ou à la Nouvelle Zélande, cette fois-ci les concurrents devront faire cap au nord-est au départ de l’Afrique du Sud pour rejoindre Kochi en Inde le tout dans des vents faibles, le danger des glaces étant cette fois remplacé par celui des pirates au large de la Somalie, où les attaques de bateaux se multiplient. Les étapes suivantes seront tout aussi exotiques avec une escale à Singapour et une dernière étape asiatique entre Singapour et Qingdao, ville qui a accueilli les épreuves de voile des jeux olympiques cet été, cette étape s’annonce difficile puisque les bateaux navigueront probablement dans des flux soutenus au près avec une mer hachée. Vient ensuite l’étape la plus longue de l’histoire de la course : Qingdao-Rio avec passage de l’Equateur et du Cap Horn.

Le reste du parcours reste lui très classique avec une escale à Boston, puis en Irlande (qui prive néanmoins l’Angleterre de sa traditionnelle escale) avant deux arrêts en Suède (Goteborg et Stockholm) et une arrivée à Saint Petersbourg.

© Sally Collison/PUMA Ocean Racing

Ce nouveau parcours, qui abandonne le grand sud pour les tropiques, pourrait apporter un souffle nouveau à cette course puisque certaines étapes empruntent des trajets qui n’ont encore jamais été réalisés en course, permettant ainsi des options météos qui pourraient s’avérer essentielles pour la victoire.

Les bateaux :

Les leçons de la dernière édition semblent avoir été retenues, rappelons qu’ABN AMRO 1 dessiné par Juan Kouyoumdjian avait nettement dominé le reste de la flotte et qu’ABN AMRO 2, mené par un jeune équipage avait fait fort impression, alors que leurs concurrents dessinés par le cabinet américain Farr Yacht Design avaient été en difficulté à de nombreuses reprises (quille, mât…). Farr avait fait le pari d’une évolution des VOR 60’ avec des bateaux relativement étroits et à un seul safran, Juan K avait tout misé sur la puissance avec une carène large et deux safrans, cette option a été retenue sur tous les bateaux de cette nouvelle génération de VOR 70.

© Dave Kneale/Volvo Ocean Race

Du côté des sponsors récidivistes, on retrouve Ericsson et Telefonica qui ont fait le choix d’une campagne à deux bateaux (chaque unité construite devant être engagée sur la course).

Ericsson a choisi l’architecte vainqueur de la dernière édition : Juan K pour dessiner ses bateaux : Ericsson 3 a été lancé très tôt pour servir de référence au bateau suivant, comme l’avait été ABN AMRO 2 lors de l’édition 2005-2006, ce bateau est donc une évolution du vainqueur en titre et sera mené par un équipage nordique, Ericsson 4, mené par un équipage international, a bénéficié de plus d’un an de recherches et développement et est donc le bateau n°1 de l’équipe suédoise.

© Oskar Kihlborg/Ericsson Racing Team

Telefonica a aussi renouvelé son expérience de sponsoring malgré une campagne ratée lors de la dernière édition : abandon sur la 1ère étape suite à des problèmes de quille, nouvel arrêt au Cap Horn pour les mêmes raisons et enfin abandon du bateau par l’équipage devant une nouvelle voie d’eau au niveau de l’axe de quille, le bateau finissant par sombrer. Malgré cette première expérience difficile Telefoncia a de nouveau fait appel au cabinet Farr pour une campagne à deux bateaux cette fois-ci, on retrouve de nombreuses similitudes entres ces deux VOR 70 et les derniers 60’ IMOCA dessinés par les américains, notamment les strakes présents sur les deux bateaux ibères.

Ces deux équipes à deux bateaux font figures de favorites, la campagne d’ABN AMRO ayant démontré la supériorité de ce type de projet.

Autre équipe à classer parmi les favoris : Puma dessiné par Botin&Careek et battant pavillon américain, même si il s’agit d’une campagne à un seul bateau, l’équipe américaine a pu effectué de nombreux essais comparatifs grâce à l’ex ABN AMRO 2 qui a été acheté à la fin de l’édition 2005-2006, le bateau a de plus beaucoup navigué depuis sa mise à l’eau et est mené par un équipage ayant une grosse expérience de cette course, le plus frappant sur ce bateau est certainement la taille de ces dérives qui sont très longues, le potentiel de Puma devrait donc être au maximum sur les étapes asiatiques de la course avec une majorité de près.

L’équipe russe financée par l’homme d’affaire Oleg Zherebtsov pourrait être un outsider, le bateau a été dessiné par Humpfreys Design, ce bateau semble être le plus puissant de la flotte et devrait être particulièrement à l’aise dans la brise, comme les plans Farr ce bateau est doté de strakes, double sur le bateau russe.

© Matthias Witzany

Autre outsider Green Dragon dessiné par Reichel/Pugh à vitesse grand V, les architectes n’ayant disposé que de très peu de temps avant le début de la construction, le dessin semble assez proche de celui d’ABN AMRO 1 ce qui parait logique étant donné les délais de conception, de plus le complément de financement d’origine chinoise n’a été trouvé que tardivement, l’équipage a aussi été constitué assez tard, la première étape aura certainement une valeur de test pour cette équipe.

Dernier inscrit Delta Lloyd, qui est l’ancien ABN AMRO remis en conformité avec la jauge version 2, le financement et le recrutement de l’équipage ont été encore plus tardifs que pour Green Dragon, l’équipage de Ger O’Rourke aura donc fort à faire pour espérer bien figurer au classement général.

© Guy Salter/Ericsson Racing Team

On peut également noter que la recherche de la performance a de nouveau été poussée à l’extrême, aucun des bateaux construits ne possède de protection pour l’équipage, comme on peut désormais en voir sur tous les 60′ IMOCA (casquette de veille, roof coulissant), bien entendu ces bateaux sont menés en équipage contrairement aux 60′ IMOCA. Mais les équipiers de quart sont toujours aussi exposés aux éléments du fait des cockpits très ouverts, notamment sur l’arrière protégé uniquement par des filières, et ce malgré le décès d’Hans Horrevoets lors de la dernière édition, le marin hollandais avait été emporté par une vague et était passé par dessus bord avant d’avoir pu enfiler son harnais.

Le format :

L’organisation a repris le format de l’édition précédente, la majorité des points (60%) est acquise sur les étapes avec des systèmes de points bonus au passage de portes (20%), et des régates in-port à Alicante, Singapour, Qingdao, Rio, Boston, Galway et Stockholm (20%).

La première confrontation :

Elle a eu lieu samedi dernier, lors de l’in-port d’Alicante, sans surprise, l’équipe espagnole Telefoncia a fait forte impression à domicile et hisse ses deux bateaux aux deux premières places au général après deux victoires de manche pour Telefonica Blue et une seconde et une troisième place pour Telfonica Black. La troisième place revient au bateau américain qui après une première manche en demi teinte (6ème) a réussi une belle seconde manche (2nd) grâce à de bons choix tactiques et de voile (départ sous code 0 alors que le reste de la flotte partait sous solent).

© Rick Tomlinson/Volvo Ocean Race

Les bateaux d’Ericsson ont quand à eux pris les 4ème et 5ème place des deux manches, mais Ericsson 3 est sous le coup d’une pénalité pour non conformité à la jauge (voile de quille creux, qui devrait être changé au Cap) et perd deux places au général. Green Dragon a alterné le bon et le moins bon avec une première manche encourageante (3ème) et une seconde en queue de flotte (6ème). On retrouve Delta Lloyd et Team Russia, peu à l’aise dans les vents faibles, en queue de peloton avec des places de 7 et 8ème.

Le classement avant le départ de la 1ère étape :

1. Telefonica Blue : 4.0 points

2. Telefonica Black : 3.5 points

3. Puma : 3.0 points

4. Ericsson 4 : 2.5 points

5. Green Dragon : 2.0 points

6. Delta Lloyd : 1.0 point

7. Ericsson 3 : 0.5 point (après pénalité pour non conformité à la jauge)

8. Team Russia : 0.5 point

4 Responses pour "Volvo Ocean Race : tour d’horizon à quelques heures du départ"

1 | olivier

13 octobre 2008 à 20:50

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Très bel article.
Si je te suis bien Tiketitan, on se dirige vers une régate de fer à repasser dans la pétole ?
Au passage, je signale de très belles images sur le site voile d’Ericson !

2 | Tiketitan

13 octobre 2008 à 21:37

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Merci,
pour moi oui on se dirige vers ça, mais Juan K a prouvé avec ABN 1 que même un fer à repasser pouvait aller vite dans la pétole, mais c’est la tendance actuelle sur toutes les jauges, les IMOCA ont pris entre 30 et 40cm de largeur en une génération.

3 | olivier

13 octobre 2008 à 23:31

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D’ailleurs : aucun gréement “thonier”, la jauge ne le permet pas ? Ou alors ça n’a pas les mêmes avantages qu’en IMOCA ?

4 | Tiketitan

15 octobre 2008 à 21:20

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Bonne question, je n’ai pas lu la jauge, mais si c’est autorisé ca pourrait être une piste à explorer, les avantages devraient être les mêmes que pour un 60′ IMOCA.

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  • maxgregg: Allez Mich tu reviendras sur le paquet de tête!! On croit tous au "prof"!
  • Tiketitan: Finalement d'après un membre de l'équipe d'Ericsson, les 650 milles seraient possibles, avec des vagues plus régulières et pour lui, ils ont été
  • Tiketitan: Autant je ne pense pas, d'après les interviews que j'ai pu lire, ils étaient tous au maximum des possibilités des hommes et du bateau, mais ils doi

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